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mercredi 30 novembre 2011

Importance de l'Education Sexuelle

(Par Lesly ST VIL)
 
Du point de vue psychologique, l’éducation est l’ensemble des moyens qu’une société assure à ses membres, pour les socialiser, c’est -à- dire faire partager surtout aux jeunes, les valeurs qu’elle privilégie, sa culture, en même temps que transmettre les connaissances nécessaires à l’épanouissement de leur personnalité. Pour Durkheim, l’éducation est essentielle pour obtenir le consensus nécessaire et une bonne intégration à la société. Dans de nombreuses communautés, il n’est pas facile pour les adultes de parler de la sexualité entre eux. Est-il possible de parler aux enfants? Bien qu’il ne soit pas facile d’en parler.


A présent, il est plus que nécessaire pour les familles et les écoles de faire l’éducation sexuelle des enfants. Les jeunes sont particulièrement vulnérables au VIH (virus de l’immunodéficience humaine) ainsi qu’à d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST). Dans bon nombre de pays, 60% de tous les nouveaux cas d’infection sont observés chez les jeunes de 15 à 24 ans.


La planète compte plus d’un milliard d’adolescents. Dans les pays en développement, leur nombre plus de 8 millions est appelé à augmenter de 20% dans les 15 prochaines années. Les jeunes sont précieux pour la société et méritent des investissements lourds pour qu’ils puissent protéger leur santé et rester en vie (source Apprentissage et Enseignement à l’école de la lutte contre le SIDA: Actualisation ONUSIDA)


Le premier contact de l’enfant arrivant au monde, c’est sa famille qui représente un groupe de personnes liées par des liens de sang en l’occurrence le père, la mère, frère et sœur etc. Un enfant qui plonge dans un contexte difficile a besoin de l’aide d’un adulte (de préférence son père ou sa mère ou les deux) qui lui apporte son soutien, qui s’intéresse à lui. Ceci constitue un atout précieux.


Au fait, avec les Infections sexuellement transmissibles et Le VIH/SIDA, les parents ont pour devoir de parler aux enfants des risques de contamination. C’est pourquoi, au niveau des familles, il y a un travail d’information qui doit être fait :
les parents doivent partager les informations avec eux
Intéressez les enfants à visiter les centres de documentations spécialisées sur les IST (Infection sexuellement transmissible) et le VIH/SIDA.
Montrez aux enfants leur affection et les raisons pour lesquelles qu’on les sensibilise sur ces sujets
Dites à vos enfants les conséquences des activités sexuelles avant l’âge de la maturité comportementale qui peuvent donner en retour une grossesse précoce, une infection sexuellement transmissible ou le SIDA.
Demandez à vos enfants ce qu’ils pensent des IST et le VIH/SIDA.
Montrez l’importance de leur santé et de leur avenir.


Au niveau de l’école, un éducateur a dit avec raison : l’objectif premier de l’école est d’aider les parents à faire de l’enfant des jeunes adultes responsables. C’est à l’école que commence le processus de socialisation de l’enfant. Donc les instituteurs, les enseignants et autres ont aussi pour devoir à travers des cours de montrer aux élèves le fonctionnement du corps Humain chez le sexe masculin et féminin. Pourquoi à l’âge de la puberté certaines parties du corps se développent. Il y a des cours dans le programme scolaire comme la biologie et la physiologie qu’il faut ajouter aussi un chapitre sur les IST et le VIH/SIDA.


Néanmoins, il y a une manière de faire pour faire passer le message. Des ressources humaines doivent être disponibles et disposées pour partager ces informations à travers un programme bien élaboré. Tout un programme de sensibilisation et de séminaire de formation doit être mis en place pour les instituteurs et les enseignants et autres par les organisations travaillant dans le domaine de la prévention du VIH/SIDA en collaboration avec le Ministère de l’Education Nationale a court, a moyen et à long terme pour freiner la séroprévalence chez les jeunes.
Il est tout aussi important que les organisations qui se donnent pour objectif de travailler dans le domaine de la prévention du VIH/SIDA de développer des matériels éducatifs adaptés à notre culture sexuelle pour la sensibilisation des jeunes qui sont à risque.


Nous pensons que les parents devraient s’intéresser de près à l’éducation de leurs enfants. C’est avant tout à eux que la responsabilité en incombe. Les enfants et les parents doivent développer cette culture de vivre ensemble dans la confiance et l’amour.


S’il y a un message à donner aux jeunes, c’est qu’il faut apprendre à écouter vos parents avec tout le respect qu’ils méritent. Jeunes et moins jeunes, l’urgence vous oblige à retarder les premiers rapports sexuels et apprendre à adopter un comportement sexuel responsable parce que les IST et le VIH/SIDA sont à quelques pas derrière vous.






Lesly ST-VIL
Licencié en Anthropo-sociologie

lundi 15 août 2011

La Causerie du Dimanche 3 Juillet

Quand les générations se rencontrent, échangent et discutent…

Il nous pique souvent cette curiosité de savoir ce que les autres pensent de nous-mêmes. Le plus souvent, cloitrés dans leurs gros 4x4, lunettes noires aux yeux, les étrangers observent nos moindres attitudes et le panorama de la vie haïtienne en général. Quelques-uns paraissent indifférents, et d’autres en sont tellement pris de pitié, qu’ils n’hésitent pas à s’investir dans de grandes luttes afin de supporter ce peuple ruiné par une paupérisation galopante.

Il est difficile surtout pour quelqu’un qui vient de loin, d’entretenir un discours franc sur la réalité du pays d’accueil observé. Il s’agit pour lui d’être politiquement correct. Cela sous-tend de verser des pluies d’éloges, de jeter des lauriers et rendre gloire aux vertueux mérites du peuple; sans exposer ses faiblesses. Question d’éviter de froisser certaines susceptibilités, de fouetter l’orgueil de certains illuminés qui refusent tout dialogue franc, et surtout, ne pas déranger les irréductibles, en exposant à nu sa conception de la situation.
Pourtant, ce dimanche 3 juillet, deux hommes avaient le mérite de braver de tels obstacles. Eric Calpas et Philippe Allouard, avaient ouvertement partagé leurs conceptions de la réalité haïtienne observée par chacun d’eux, depuis au moins une décennie.

Philippe Allouard:
« Franchement, je n’arrive pas à comprendre comment un peuple s’acharne à s’auto-dénigrer aussi systématiquement. Vous êtes stupides parfois, du fait que vous croyez que vous êtes la plaie du monde, alors que vous avez des richesses aussi extraordinaires que vous refusez d’identifier, et que les autres viennent jouir à votre place. Vous avez une richesse artistique impressionnante, votre climat, votre cuisine, votre peinture et surtout la civilité, l’humanisme qu’anime l’haïtien envers ses pairs et l’étranger vous font envier par plus d’un. Pourtant vous les méprisez, vous les rejetez ou du moins vous en faites peu de cas. »
« Vous laissez passer tout ce qui peut vous profiter. La simplicité d’écriture d’un écrivain tel Dany Laferrière, peut vous être grandement utile comme modèle d’enseignement aux jeunes. Vous avez une production littéraire qui, en termes de qualité et de profusion vous hisse sur les sommets du monde francophone. »
« Je crois qu’il vous faut surtout une appropriation objective et lucide sur votre passé. Passé vers lequel vous avez constamment le regard tourné, alors que les défis du futur vous attendent. »



Eric Calpas: « Vous êtes à mon avis trop passifs, attentifs voire paresseux des fois, ce qui vous porte à n’être pas compétitif et relever ce défi combien lourd qui vous attend. Les jeunes manquent de créativité, et imitent malheureusement ce mauvais modèle qui consiste pour eux, de travailler uniquement pour posséder sa famille, sa petite voiture et une jolie maison. Ainsi, le sens social, le souci collectif, leur fait défaut, ce qui fait qu’il y a peu d’engagement pour les causes qui concernent la nation entière.
« J’ai pu constater avec amertume l’avidité atroce qui anime vos dirigeants alors que la société civile reste indolente face à cette macabre situation. De plus en plus d’haïtiens croient que le changement passe d’abord par la satisfaction des besoins de leurs proches, sans se soucier du déclin collectif qui aura un effet boomerang sur eux-mêmes.»
« Autant que la corruption fait ravage au sein de l’administration publique, autant elle existe dans le secteur privé et même au sein des organisations non gouvernementale, et locales tant qu’internationales. »


Et en termes de perspectives d’avenir
Philippe Allouard: « L’éducation a un rôle clé à jouer dans un avenir positif pour le peuple haïtien. Vous n’estes pas les seuls avoir connu des tragédies dans son existence. Haïti peut se relever, vous avez les ressources, il vous suffit de vous secouer un peu !! »

Eric Calpas: « Je suis un peu pessimiste à partir de ce que j’observe, surtout avec les dernières élections. Je crois que les haïtiens veulent un changement pour lequel ils ne se montrent pas tout à fait prêts à lutter. Je ne peux prédire rien à propos de l’avenir, l’histoire dira le reste. »

Comme d’habitude, dans un cadre assez cool, nos deux intervenants ont motivé les jeunes étudiants et professionnels qui ont été présent à cette causerie du dimanche. La teneur enrichissante de cette initiative, initie déjà l’idée de l’étendre à une audience suffisamment large afin qu’une bonne partie de la jeunesse haïtienne puisse pleinement en profiter.