Affichage des articles dont le libellé est Haiti. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Haiti. Afficher tous les articles

mardi 15 novembre 2011

Vertières : 208 ans après…








208 années après la fameuse bataille de Vertières, notre République végète dans un désespoir troublant, laissant en marge une jeunesse désabusée et pleine de désenchantements. Plus de deux siècles après l’indépendance, il nous est toujours difficile de retrouver notre cohésion de peuple pour de construire une véritable Nation.
La jeunesse quant à elle, force vitale et garante de l’avenir se voit accablée de tants de mésaventures, de déboires et de tristesses qui lui fait perdre sa sève, sa fougue et tout son dynamisme. On n’ose plus rêver, on n’ose plus croire, on n’ose même plus espérer… …

A un Stade aussi critique de notre histoire de peuple, il nous revient comme toute collectivité d’hommes, à réfléchir, échanger et discuter afin de pouvoir identifier les véritables causes de nos maux et trouver une issue qui nous permettra de sortir de l’ornière.


Face à ce constat troublant, et conscients de notre devoir d’assumer des lendemains difficiles, notre équipe a décidé, en commémoration de la 208eme anniversaire de la Grande bataille de Vertière, de partager ses connaissance, réflexions et points de vues sur le rôle, le devoir de participation de la jeunesse contemporaine pour bâtir un avenir plus prometteur, plus prospère et plus équitable. C’est ainsi que nous avons décidé de nous rendre à la Petite Rivière de l’Artibonite et animer une Conférence-Débat autour du thème : « Vertières : 208 ans après, à quoi finalement a servi l’effort de nos aïeux et quel doit être le rôle de la jeunesse haïtienne face aux défis actuels ?

Il s’agit pour nous de parvenir à engager une dynamique de réflexion et de prise de conscience chez nos pairs, leur inspirer courage et détermination, et leur prouver que malgré tout, l’espoir doit luire et nous devons nous mettre au travail avec acharnement pour vivre sous les cieux plus cléments que nous souhaitons tous.

Il ne sera pas question pas pour nous de faire une démonstration intellectuelle creuse, dénuée de contenu fort et qui ne colle pas avec la réalité quotidienne des jeunes de la Petite Rivière de L’Artibonite. Nous nous inspirerons au contraire, des données issus de nos multiples discussions sur le terrain et évoquer les multiples calamités de cette jeunesse qui sont celles de toute la jeunesse haïtienne. Cet exercice pourra les stimuler à réfléchir, et découvrir en quoi ils sont responsables et quelle doit être leur participation pour en faire autrement.

Vous êtes cordialement invité à prendre part à cette activité. Votre présence à notre coté sera pour nous un signe d’encouragement et vous aurez à insuffler courage et espoir à tous les jeunes de la Petite Rivière de l’Artibonite.

Ce programme aura lieu ce Vendredi 18 novembre au trône du Palais des 365 portes à compter de 2 heures PM. Il s’ensuivra une série de jeux questions-réponses afin de partager avec les jeunes présents les multiples cadeaux que nous leur apporteront. Encouragez les jeunes que vous connaissez et que ca doit intéresser, à venir échanger et discuter avec nous.

Nous serons vraiment honorés de votre présence.

Recevez nos salutations les plus cordiales.

lundi 15 août 2011

La Causerie du Dimanche 3 Juillet

Quand les générations se rencontrent, échangent et discutent…

Il nous pique souvent cette curiosité de savoir ce que les autres pensent de nous-mêmes. Le plus souvent, cloitrés dans leurs gros 4x4, lunettes noires aux yeux, les étrangers observent nos moindres attitudes et le panorama de la vie haïtienne en général. Quelques-uns paraissent indifférents, et d’autres en sont tellement pris de pitié, qu’ils n’hésitent pas à s’investir dans de grandes luttes afin de supporter ce peuple ruiné par une paupérisation galopante.

Il est difficile surtout pour quelqu’un qui vient de loin, d’entretenir un discours franc sur la réalité du pays d’accueil observé. Il s’agit pour lui d’être politiquement correct. Cela sous-tend de verser des pluies d’éloges, de jeter des lauriers et rendre gloire aux vertueux mérites du peuple; sans exposer ses faiblesses. Question d’éviter de froisser certaines susceptibilités, de fouetter l’orgueil de certains illuminés qui refusent tout dialogue franc, et surtout, ne pas déranger les irréductibles, en exposant à nu sa conception de la situation.
Pourtant, ce dimanche 3 juillet, deux hommes avaient le mérite de braver de tels obstacles. Eric Calpas et Philippe Allouard, avaient ouvertement partagé leurs conceptions de la réalité haïtienne observée par chacun d’eux, depuis au moins une décennie.

Philippe Allouard:
« Franchement, je n’arrive pas à comprendre comment un peuple s’acharne à s’auto-dénigrer aussi systématiquement. Vous êtes stupides parfois, du fait que vous croyez que vous êtes la plaie du monde, alors que vous avez des richesses aussi extraordinaires que vous refusez d’identifier, et que les autres viennent jouir à votre place. Vous avez une richesse artistique impressionnante, votre climat, votre cuisine, votre peinture et surtout la civilité, l’humanisme qu’anime l’haïtien envers ses pairs et l’étranger vous font envier par plus d’un. Pourtant vous les méprisez, vous les rejetez ou du moins vous en faites peu de cas. »
« Vous laissez passer tout ce qui peut vous profiter. La simplicité d’écriture d’un écrivain tel Dany Laferrière, peut vous être grandement utile comme modèle d’enseignement aux jeunes. Vous avez une production littéraire qui, en termes de qualité et de profusion vous hisse sur les sommets du monde francophone. »
« Je crois qu’il vous faut surtout une appropriation objective et lucide sur votre passé. Passé vers lequel vous avez constamment le regard tourné, alors que les défis du futur vous attendent. »



Eric Calpas: « Vous êtes à mon avis trop passifs, attentifs voire paresseux des fois, ce qui vous porte à n’être pas compétitif et relever ce défi combien lourd qui vous attend. Les jeunes manquent de créativité, et imitent malheureusement ce mauvais modèle qui consiste pour eux, de travailler uniquement pour posséder sa famille, sa petite voiture et une jolie maison. Ainsi, le sens social, le souci collectif, leur fait défaut, ce qui fait qu’il y a peu d’engagement pour les causes qui concernent la nation entière.
« J’ai pu constater avec amertume l’avidité atroce qui anime vos dirigeants alors que la société civile reste indolente face à cette macabre situation. De plus en plus d’haïtiens croient que le changement passe d’abord par la satisfaction des besoins de leurs proches, sans se soucier du déclin collectif qui aura un effet boomerang sur eux-mêmes.»
« Autant que la corruption fait ravage au sein de l’administration publique, autant elle existe dans le secteur privé et même au sein des organisations non gouvernementale, et locales tant qu’internationales. »


Et en termes de perspectives d’avenir
Philippe Allouard: « L’éducation a un rôle clé à jouer dans un avenir positif pour le peuple haïtien. Vous n’estes pas les seuls avoir connu des tragédies dans son existence. Haïti peut se relever, vous avez les ressources, il vous suffit de vous secouer un peu !! »

Eric Calpas: « Je suis un peu pessimiste à partir de ce que j’observe, surtout avec les dernières élections. Je crois que les haïtiens veulent un changement pour lequel ils ne se montrent pas tout à fait prêts à lutter. Je ne peux prédire rien à propos de l’avenir, l’histoire dira le reste. »

Comme d’habitude, dans un cadre assez cool, nos deux intervenants ont motivé les jeunes étudiants et professionnels qui ont été présent à cette causerie du dimanche. La teneur enrichissante de cette initiative, initie déjà l’idée de l’étendre à une audience suffisamment large afin qu’une bonne partie de la jeunesse haïtienne puisse pleinement en profiter.

lundi 20 juin 2011

Le Fort Jacques et Alexandre


« Au premier coup de canon, les villes disparaissent et la nation est debout ! »
Jean Jacques Dessalines
Empereur d’Haïti (1804-1806)


Juché sur les hauteurs de Kenskoff, le fort Jaques et Alexandre domine une partie de Port-au-Prince. Cet édifice fait parti du vaste projet que l’Empereur Jean Jacques Dessalines entreprit, de fortifier l’ensemble du territoire contre un éventuel retour de français, après l’indépendance. Ce monument phare est un témoignage vivant de notre passé glorieux, de première République nègre indépendant de la planète.
Près de deux siècles après son érection, ce patrimoine collectif continue d’attirer une clientèle passionnée d’admiration, fuyant parfois l’atmosphère encombrante, bruyante et délétère du centre ville de Port-au-Prince. Etudiants, écoliers, et touristes étrangers continuent d’affluer quotidiennement vers ce lieu de pèlerinage tranquille.
Cependant, l’accès à l’enceinte du fort exige une cotisation arbitraire. Des individus sans identification imposent selon leur gré le prix à payer pour admirer l’œuvre que nos ancêtres nous ont laissé en héritage. Qui sont-ils ? Pour qui travaillent-ils ? On ne sait pas !
Au cœur d’une partie de la foret des pins, le fort Jacques et Alexandre surplombe une partie de la baie de Port-au-Prince, avec une vue panoramique splendide.
L’extrême précarité de vie des paysans d’alentour en fait une population de mendiants. Dans les clairières de cette forêt dégradée, vieux et enfants à tout bout de champs vous aborde pour une obole. Ce qui nous pousse à nous demander si l’Empereur a édifié le fort pour en arriver là ? La réponse est non ! Et l’on sait que les coupables sont ces batards qui on galvaudé toute la sublimité de l’unique Révolution anti-esclavagiste, anti-colonialiste, anti-segregationniste de toute l’histoire de l’humanité.

Le traitement du fort par les autorités publiques ne peut nous laisser sans inqiuétudes. A l’heure où des compagnies internationales tentes de dérober tous nos monuments en bronze, il ne reste pratiquement aucun canon sur les murailles du fort. Ensuite, les toilettes ne sont pas propres et disponibles pour les visiteurs.

Toutefois, nous vous invitons à partager un moment de paix dans ce refuge serein dans les hauteurs de Furcy.
[...]
Que l’amour de la patrie enfle tous nos neveux
Si quelques jours sur tes rives, reparaissent nos tyrans
Que leurs hordes fugitives servent d’engrais à nos champs
Antoine Dupré
Hymne à la Liberté